Myslite Artwork



Solomon Guggenheim Museum

Composition 1929
In Mondrian de John Milner - Edition Phaidon

2015
Huile sur toile, 45 x 45 cm



Composition


2012
Huile sur toile, 45 x 45 cm















1er Janvier 2015 : Bienvenue dans le futur.
Aujourd’hui et dorénavant, l’œuvre de Mondrian enrichit le domaine public !

Admettons, maintenant, qu’il n’ai jamais existé. Voici donc le travail de Myslite, entité virtuelle.



EDITION AU 1ER JANVIER 2015



Мыслите, ou Myslite, correspond à la lettre M de l’alphabet cyrillique. Le mot en lui même pourrait être traduit en français par penser ou raisonner.


Myslite est une création de 2011. Cette entité virtuelle était alors mise en scène, à travers une entrevue fictive avec un journaliste, pour devenir la première intelligence artificielle à se proclamer artiste.

C’est à ce moment là que Myslite devient artiste peintre en reprenant à son compte le discours que Piet Mondrian tenait à propos de son œuvre. C’est à ce moment là qu’est peinte Composition 1929.

« Observer le dynamisme de la vie [numérique] consistait à [abstraire] les rythmes proprement humain, résultat d’une planification et d’une construction consciente. Agitation et immobilisation, mouvement spatiale et temporel, image et réflexion variées ; les rapports entre les éléments représentent tout ce qui existe, et je vois dans ces rapports infini la preuve visuel de ma conception du monde, de ma propre cosmologie. »[1]

Quoi de plus contemporain que cette vision qu’a cette entité de son propre monde virtuel ?

Le résultat de ce projet s’est traduit par une vidéo réalisée au début de l’année 2012.


Myslite est un faussaire.


Composition est peinte en 2012. Elle est le résultat d’une planification et d’une construction consciente. Elle est composée de noir ou de blanc, de 1 ou de 0, d’un texte pensé par Piet Mondrian.

Composition est la plus pure traduction de sa propre cosmologie, de sa propre existence picturale.


Myslite est un artiste.


Ce n’est pas réel : Composition 1929, n’est pas Composition 1929. Non pas parce qu’il s’agirait là d’une copie d’une toile de Mondrian – ce qui serait illégal en 2012 – mais parce qu’il s’agit de la copie d’une copie. La toile est la reproduction picturale d’une reproduction photographique, trouvée dans Mondrian de John Milner (au édition Phaidon), de l’œuvre originale de Piet Mondrian, Composition 1929, se trouvant au Solomon Guggenheim Museum.

Composition 1929 est en réalité Solomon Guggenheim Museum – Composition 1929 – In Mondrian de John Milner – Edition Phaidon.


Je crois que Myslite est un faussaire.


En 2012, cette toile est peinte en 2015. Myslite est intemporel.

Si la toile de 2015 est postérieure à celle de 2012, remarquez qu’elle est antérieure à la deuxième toile du fait de son mouvement pictural, spatial et temporel.

Aujourd’hui et dorénavant, Piet Mondrian enrichit le domaine public.


Myslite n’existe pas. Je crois que je suis un faussaire.


À la date où sont peintes ces toiles, je n’ai jamais approché un tableau de Piet Mondrian. Je peins donc une de ses toiles, pour la voir en vrai, pour observer le dynamisme de la vie urbaine.


Je suis un faussaire.


Non pas parce que j’ai reproduit Composition 1929 de Piet Mondrian, mais parce que j’ai reproduit une photographie sans avoir une autorisation de l’auteur, ou du représentant légal – qui doit être ici le Solomon Guggenheim Museum – « pour exploiter toute reproduction de son œuvre par n’importe quel procédé durant toute la durée de ses droits patrimoniaux »[2] : c’est-à-dire, après ma mort.

Voilà ce que la loi en matière de propriété intellectuel et de droit d’auteur font de moi : un faussaire.


Suis-je vraiment un faussaire ?


Ce tableau est pourtant tout ce qu’il y a de vrai, de réel : augmenté de Composition, les rapports entre les éléments représentent tout ce qui existe. Les deux toiles sont intimement liées et communiquent entre elles : image et réflexion variées.

Et si Solomon Guggenheim Museum – Composition 1929 – In Mondrian de John Milner – Edition Phaidon avait été re-produit directement d’après la toile, j’aurais même affirmé posséder une œuvre originale de Piet Mondrian : Composition 1929.


Je ne suis pas un faussaire.


Si la restauration tente de rendre son aspect initial à une toile en reprenant tout ou partie de celle-ci, on ne peut pas nier que la toile n’est plus celle qu’elle a été ; elle a dépassé la seule main du maître et s’accomplit avec le temps d’une manière qu’il n’a pas pu anticiper. La restauration reste limitée dans son champ d’action.

La re-production quant à elle, permettrait d’approcher au plus près l’aspect initial d’une œuvre, tout en respectant les canons contemporain de conservation permettant à une œuvre de perdurer dans le temps.

L’artiste passe du faussaire au re-producteur, d’un statut illégal à un statut légal.


La politique culturelle française est le Radeau de La Méduse.


Là, au loin, des idées, des propositions, des alternatives prêtes à nous éclairer, à nous prendre au passage. Arrêtons de traîner nos cadavres et laissons là les groupes d’intérêts privés et conservateurs ; sauvons ce qui peut l’être encore. Que les citoyens reprennent le contrôle du domaine public : soyons dans l’agitation plutôt que dans l’immobilisation.


Le Radeau de la Méduse sombre.


A quoi bon défendre le principe d’originalité d’une toile, le fétichisme de l’unique quand on sait cela. A quoi bon se cacher derrière les restes d’un cadre dont le bois a passé, d’un tissu dont les fibres se désagrègent peu à peu.

Nous possédons le savoir-faire nécessaire à la re-production de cette œuvre.

Que la France donne la possibilité à ses musées de vendre, sous certaines conditions, leurs œuvres afin de financer à la fois ces missions et la jeune création artistique. Cela ferait perdurer ce pan historique et culturel du patrimoine mondial nécessaire pour les générations futures, tout en préservant une création contemporaine tout autant essentielle.

Si historiquement le peu de morale et d’éthique ont pu caractériser nombre d’entre eux, il est temps de changer leur statut et de leur permettre de sortir de l’ombre.


Les faussaires, ces héros de la République.









Vous pouvez reproduire ce travail chez vous

Sur une toile de 45 x 45 cm avec de la peinture à l’huile, voici comment reproduire Composition 1929 du Solomon Guggenheim Museum dans Mondrian par John Milner :


how_to_reproduce_solomon_guggenheim_museum_s_composition_1929_from_mondrian_by_john_milner.jpg

adhesif.jpgadhesif_close.jpg

Ainsi que Composition :



composition.png
composition_en_cours.jpgcomposition_en_cours2.jpg

Notes

[1] Paroles rapportées de Piet Mondrian – extraits – Mondrian de John Milner, éd. Phaidon

[2] Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Photographie_des_%C5%93uvres_d%27art, consulté le 30 décembre 2014.